samedi 19 juillet 2008

LA FOULE (poème)


Dans la foule se reconnaissent les anonymes
par leur visage exprimant les ferments de la terre,
les rides et les sillons
le regard et la graine
le sourire et le vent
les larmes et les pluies de l’hiver.
C’est en marchant ensemble
et dans des sens contraires
que les hommes donnent du sens
à la vie. En se frottant
les uns contre les autres,
avec leurs habits
de mots, de mémoire, de masques,
de mimes, et de musiques ;
avec ce qui transpire
par leur peau et par
tout ce qu’ils taisent. Les hommes
croissent en se croisant,
décroisent les murs
qui séparent les jours,
et le jour, de la nuit.
En se croisant
du regard, du torse ou de la paume,
les hommes s’approchent d’eux-mêmes
de ce qui est flambant
juste derrière les yeux
derrière le front qui pense
au creux du cœur qui luit.
Plus la foule est immense,
plus le ventre palpite
dans ce cercle
infini. Foule qui avance…

Daniel LEDUC

Aucun commentaire: